Trait portrait

Trait pour trait, très portrait... Galerie de portaits tendre et cruelle, l'esquisse d'une main de velours dans un gant de fer.

18 février 2008

Juliette et Papypierre

Chère Juliette,

Il nous semble souvent, ces jours derniers, entendre ta voix dans le jardin, tes pas dans l'escalier. Mais ce n'est qu'une illusion, ou plutôt un souvenir et même un bon souvenir.

Mamyvonne et moi nous nous préparons à accueillir bientôt les jeunes parents - quel bonheur de faire la connaissance d'un tout-petit !

Nous penserons bien à toi durant ton séjour en Grande-Bretagne. Il est vrai que parler anglais est plus qu'essentiel de nos jours.

Je retournerai à l'hôpital ce mercredi mais j'espère être bientôt de retour à la maison. Ces examens sont ennuyeux mais le docteur Golin ne me laisse pas le choix ! Enfin, tu sais que je n'aime guère les médecins mais il faut bien cela pour rassurer ta grand-mère.

Nous nous reverrons certainement à ton retour fin août. Mamyvonne et moi
avons hâte de t'accueillir à nouveau et t'embrassons affectueusement.

PapypPierre

Au souvenir de ce mois de juillet qu'elle avait passé seule avec ses grands-parents, dans la maison d'Arcachon, tout revient à Juliette. Cette fois où PapyPierre et Mamyvonne s'étaient moqués d'elle parce qu'elle leur avait demandé le sel d'une façon un peu cérémonieuse à table - avant, elle n'aurait pas pensé que des grands-parents puissent rigoler - , la cuisine avec Mamyvonne, et surtout ce vieil homme essouflé, les promenades avec lui sur le port, toujours écourtées, ses souvenirs de la guerre il n'était qu'un enfant ! , ses sourires, ses soupirs qu'il croyait discrets, et cette fois où il l'a prise dans ses bras Ma petite fille je suis si fière de toi. Juliette se souvient de toute la tendresse échangée, l'impression de le découvrir si tard. Une vague sensation d'urgence il faut se dépêcher La Mort même si Juliette ne sait pas ce que c'est : on n'est pas sérieux quand on a dix-sept ans.

PapyPierre n'est jamais revenu de l'hôpital. Lui qui se voulait rassurant.

Juliette a trente-quatre ans et elle trie son courrier.

Quel vieux con, se dit-elle en écrasant une larme sur la dernière lettre de son aïeul. Il avait promis qu'il reviendrait.

Posté par __El__ à 09:00 - Commentaires [2] - Permalien [#]

Commentaires

ça donne envie de pleurer, ton texte. J'avais envie de faire un commentaire, mais je vais plutôt faire un article, je crois.

Posté par Jerry, 21 février 2008 à 19:13

Ping-pong

Jerry> si ça te rend encore plus prolifique, alors c'est chouette :)

Posté par __El__, 27 février 2008 à 10:55

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